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Hypnose & Techniques de Communication. La communication au coeur du métier d’infirmier anesthésiste, gérer et temporiser l’anxiété.

Laurent Gross, du Collège d’Hypnose Ericksonienne de Paris est heureux de vous présenter les travaux d’Hélène BITARD, infirmière anesthésiste, Hôpital de la Salpêtrière Paris.
Ecole des Infirmiers Anesthésistes
Hôpital de la Salpétrière
Travail d'intérêt professionnel.
DILÔME D’ETAT D’INFIRMIER ANESTHESISTES
La communication au coeur du métier d’infirmier anesthésiste, gérer et temporiser l’anxiété.

PROMOTION 2008-2010 - BITARD Hélène



Hypnose & Techniques de Communication. La communication au coeur du métier d’infirmier anesthésiste, gérer et temporiser l’anxiété.
L’anxiété au bloc opératoire

L’anxiété se définit par un état d’angoisse c'est-à-dire un malaise psychique et physique, né du sentiment de l’imminence d’un danger, caractérisé par une crainte diffuse pouvant aller de l’inquiétude à la panique et par des sensations pénibles de constrictions épigastriques ou laryngée.

Les causes de l’anxiété

Elles sont pour moi multiples. L’angoisse peut venir de l’environnement, de l’anesthésie (la peur d’avoir mal, de ne pas dormir assez pendant l’intervention ou de ne pas se réveiller), mais elle peut aussi être liée à l’opération et ses suites.
Pour bien comprendre l’épreuve que représente le passage au bloc opératoire il faut se mettre à la place du patient.

Il est amené sur un brancard jusqu'à la salle d’opération, seulement vêtu d’une blouse en papier plus ou moins transparente, parfois il attend dans une salle d’attente commune à toute les salles d’opération, appelé dans certains établissements le « parking ».
Viennent les vérifications d’usages, qui sont réalisées par différents intervenants, tous portant un masque et une charlotte, rendant leur reconnaissance difficile. La répétition de cet interrogatoire peut être anxiogène pour le patient.

Une fois arrivé dans sa salle, on lui demande de s’installer sur la table d’opération et à peine recouvert de sa blouse en papier il est alors exposé à la température glaciale du bloc. Il découvre avec un champ de vision limité les machines et le matériel qui l’entourent mais aussi parfois son reflet dans les scialytiques qui lui font face. On installe ses bras en croix sur des appuis bras avant de mettre en place les différents monitorages. Cette représentation est symboliquement anxiogène pour beaucoup de patients.
A ce moment toute une série de bruits apparait comme celui de la fréquence cardiaque mais aussi ceux liés à l’installation du matériel de chirurgie et l’ouverture des boîtes métalliques qui contiennent les instruments. Le patient est alors endormi par l’équipe d’anesthésie.
Tout au long de son passage au bloc et jusqu'à son retour en chambre le patient reste allongé face au personnel debout. Cela le met le patient en position d’infériorité face à des soignants qui ont une certaine toute puissance sur son avenir médical.

Les répercussions du stress
Le stress est une réponse non spécifique de l’organisme à n’importe quelle demande à laquelle il doit faire face. Une infection, une intoxication, mais aussi un grand plaisir, tout comme une grande douleur, constituent des agents stressants qui demandent à l’organisme un certain travail d’adaptation, dont les manifestations non spécifiques viennent s’ajouter à l’action, elle spécifique, de chacun de ses agents.

Le stress engendre des réactions psychologiques (comme l’inquiétude ou les troubles du sommeil) ainsi que des réactions nerveuses et hormonales pour faire face aux agressions extérieures. Le système nerveux sympathique est stimulé ce qui accroit la sécrétion d’adrénaline et de noradrénaline. Ces hormones permettent la mobilisation des forces physiques en majorant le débit et la fréquence cardiaques ainsi qu’en potentialisant la contraction musculaire. Sur le plan respiratoire l’élévation de la fréquence respiratoire s’associe à une bronchodilatation.

Il semble donc nécessaire de diminuer l’anxiété préopératoire. Mais quels sont les moyens à notre disposition ?

Comment minimiser l’anxiété pré opératoire ?

La première solution est d’apporter au patient des informations accessibles et loyales lui permettant de participer aux choix thérapeutiques qui le concernent.
Cela est réalisé par le chirurgien qui pose l’indication chirurgicale mais aussi lors de la consultation d’anesthésie. Celle-ci est réalisée par un médecin anesthésiste réanimateur plusieurs jours avant l’intervention. Le médecin évalue le dossier médical et établit le protocole d’anesthésie ainsi que la stratégie anxiolytique pré opératoire à adapter au patient.

L’information peut aussi être recherchée auprès du personnel soignant lors de l’hospitalisation ou lors de la visite pré anesthésique généralement réalisée la veille de l’opération par l’anesthésiste de garde.
La deuxième solution est la prémédication. Cette pratique est quasiment universelle, elle consiste à administrer un agent anxiolytique en tenant compte de son délai d’action pour que son efficacité soit maximale lors de l’arrivée du patient au bloc opératoire.

Pour le Professeur Chauvin il y a une corrélation positive entre l’anxiolyse et la facilité d’induction, et la diminution des besoins en agents anesthésiques.

L’anxiété préopératoire est donc un phénomène bien connu au bloc opératoire. Les diverses consultations précédant l’intervention sont des moments clefs pour dépister le stress du patient et mettre en oeuvre des stratégies thérapeutiques afin de faciliter le travail de l’équipe anesthésique et assurer le confort du patient.

Le rôle de l’infirmière anesthésiste

Elle se doit, de par son rôle propre, de participer à la prévention, à l’évaluation et au soulagement de la détresse psychique des personnes. C’est lors de l’accueil du patient à son arrivée au bloc opératoire et à travers le biais de la communication qu’elle peut évaluer son niveau d’anxiété ainsi que l’effet de la prémédication. L’infirmière anesthésiste a un rôle à jouer dans la prise en charge de l’anxiété. C’est en effet une des personnes qui est présente dès l’arrivée du patient au bloc et ce jusqu'à son endormissement.

C’est à cette étape que l’aspect relationnel de notre métier prend tout son sens.
L’accueil se définit par la manière de recevoir quelqu’un, de se comporter avec lui quand on le reçoit, quand il arrive, ainsi qu’à un besoin d’intégration et d’adaptation de l’individu dans une structure donnée.
Il convient d’avoir conscience tout au long de sa journée de travail que l’accueil d’un patient passe tout d’abord par la manière de lui parler. Il est question d’accueillir un patient avec bienveillance, tout en gardant une distance professionnelle. Il doit avoir l’impression d’être attendu ou du moins que son arrivée ne perturbe pas l’organisation du service. Il me semble primordial de le saluer et de lui accorder un instant d’échange attentif et bienveillant. Même si cela relève plus de la bienséance, c’est pour moi les bases d’une relation respectueuse.

L’accueil est donc un moment clef qui doit être organisé.
Nous avons vu précédemment que l’univers du bloc opératoire est cause d’anxiété chez les patients. Il convient par conséquent de limiter cette cause exogène, le patient doit être réchauffé dès son arrivée et son confort doit être assuré. Certains préconisent l’utilisation de lumières douces, la musicothérapie ou la diffusion d’huiles essentielles pour favoriser la relaxation de patients.

L’infirmière anesthésiste doit ensuite réaliser les vérifications d’usage : l’identité, le respect du jeûne… elle doit prendre connaissance du dossier d’anesthésie et s’assurer de la normalité des bilans biologiques prescrits. Cette étape doit être utilisée comme un moyen d’établir un contact avec le patient sans induire une anxiété supplémentaire. L’infirmière anesthésiste doit consacrer cet interrogatoire à l’observation des réactions du patient et ainsi évaluer ses besoins spécifiques. Il faut pour cela faire preuve d’écoute active.
Écouter c’est entendre sans distorsion ni confusion possible, les sons prononcés.
Il faut être disponible et réceptive pour pouvoir prêter attention au discours de l’interlocuteur tout en observant les gestes, attitudes, et expressions du visage qui renseignent tout autant sur le ressenti du patient. C’est ainsi que l’infirmière peut adapter son attitude et répondre aux éventuelles interrogations du patient afin d’alléger ses angoisses et ainsi pouvoir débuter l’anesthésie dans les meilleures conditions possibles.

Voici comment l’accueil d’un patient doit se réaliser pour mettre en application ces recommandations.
Il est tout d’abord essentiel que ce moment soit entièrement destiné au patient, pour cela il est nécessaire que l’ouverture du site anesthésique soit réalisée au préalable. Ce qui permet de se concentrer sur l’accueil du patient et éviter ainsi les erreurs ou oublis qui pourraient mettre en péril la sécurité anesthésique.
A l’arrivée du patient, je le regarde, lui dit bonjour et me présente en lui donnant mon prénom ainsi que ma fonction. Je lui explique que je fais partie de l’équipe anesthésique et que je vais le prendre en charge jusqu'à son réveil et son transfert en salle de surveillance post interventionnelle. Cette présentation personnelle permet au patient de commencer à identifier son nouvel environnement.

Je regarde ensuite son dossier d’anesthésie et lui pose les questions d’usage. J’essaye de ne pas réaliser cette vérification comme un interrogatoire mais plutôt comme une discussion. Il est donc important d’inclure l’individualité du patient dans les questions posées en lui demandant, par exemple, s’il a bien dormi, s’il est confortablement installé. La vérification du dossier médical est utilisée comme vecteur pour instaurer une communication et évaluer son anxiété. Cette discussion doit être un moment d’écoute et d’observation pour recueillir des informations sur la communication verbale et non verbale du patient. J’essaye de m’exprimer avec des mots à connotation positive pour éviter de rajouter une anxiété supplémentaire ainsi je préfère dire lors de la pose de voie veineuse périphérique « cela ne va pas être agréable » plutôt que « ça va faire mal ».

Il me semble important de proposer au patient de répondre à ses éventuelles interrogations et de lui expliquer les étapes de sa mise en condition et de son induction anesthésique. Cela permet de lui donner une maitrise des événements présents et à venir. Tout ceci peut être réalisé dans un temps très court puisque la communication n’empêche pas la mise en condition simultanée du patient.
J’essaye, ensuite d’améliorer son confort en assurant le respect de son intimité à tous les moments de sa prise en charge, en le réchauffant le plus tôt possible grâce à une couverture ou en utilisant le réchauffeur à air pulsé. Il convient d’améliorer la position de sa tête et le maintien de ses bras en utilisant le matériel adapté à sa morphologie. La coopération de l’équipe chirurgicale est importante pour réduire le bruit lié à la préparation du matériel afin de réaliser l’induction anesthésique dans des conditions rassurantes.
L’aspect relationnel de l’infirmière anesthésiste se concentre sur une période très courte et nécessite donc une bonne maîtrise de la communication pour pouvoir optimiser la relation avec le patient.


Rédigé par Hélène BITARD le 18/06/2011 modifié le 11/06/2012


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